Mais tu sais, les animaux non humains, que les humains mangent, utilisent pour la science, chassent, piègent, et exploitent de différentes manières, ont une vie à eux, qui a pour eux une importance indépendante de l'utilité qu'ils ont pour nous. Ils ne sont pas seulement dans le monde, ils sont conscients du monde. Ce qui leur arrive leur importe. Chacun d'entre eux a une vie qui se déroule bien ou qui se déroule mal, pour celui dont elle est la vie. Cette vie comporte une multiplicité de besoins biologiques, individuels, et sociaux. La satisfaction de ces besoins est une source de plaisir, et leur frustration ou leur détournement est une source de douleur. Dans ces aspects fondamentaux, les animaux non humains qui peuplent les laboratoires et les fermes, par exemple, sont mêmes que les êtres humains. Et ainsi, l'éthique qui doit gouverner notre commerce avec eux, et l'éthique qui doit gouverner le commerce que nous avons les uns avec les autres, doivent répondre aux mêmes principes moraux fondamentaux À son niveau le plus profond, une éthique humaine éclairée est fondée sur la valeur indépendante de l’individu. La bête à huit pattes s'appelle sophie. Traiter les êtres humains de façon qui n’honore pas leur valeur indépendante, les réduire au statut d’outils, de modèles ou de marchandise, par exemple, consiste à violer le droit humain le plus fondamental, le droit à être traité avec respect.